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Date de création : 11.09.2012
Dernière mise à jour : 12.09.2012
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Quand la lune se lève, toute l’Afrique danse !

Publié le 12/09/2012 à 01:19 par kamgolia Tags : chez 2010 mode nature texte danse artiste burkina

Les générations A. DAVESNES, dans Mamadou et Binéta ont souvenance de ce titre dans un texte qui peignait sous un angle paternaliste le côté jovial du nègre. Un être prompt à s’emparer de son tam tam et à faire des arabesques chorégraphiques avec son corps, en toute circonstance.

Evidemment le colon ne voulait (ne pouvait) appréhender la danse chez le nègre que sous l’angle anthropologique établi arbitrairement par les ethnologues européens. Tout autre approche épistémologique du phénomène, classant celui-ci dans le répertoire des modes d’expression culturelle était écartée.

La conception européocentriste de la culture, de l’art et de leurs composantes ne reconnaissait les qualités fondamentales et universelles de ces phénomènes qu’autant qu’ils se situaient exclusivement dans les normes spécifiques de la civilisation judéo chrétienne.

S’agissant de la Négritie on parlera de l’art nègre (et non de l’art) De la danse nègre (et non de la danse) Bref, de la civilisation nègre (Entendu que celle-ci ne saurait être que gréco latine) Pablo Picasso est le premier grand artiste créateur européen (peintre, sculpteur, poète…) a reconnaître et à magnifier l’art nègre, en s’en inspirant abondamment, sans se cacher derrière son ombre.

Contrairement à son compatriote et challenger Salvador Dali. Lequel n’aura de cesse de moquer la méthode du grand maître et de ridiculiser ses emprunts à la sculpture et aux masques nègres. Au grand dam de Dali, Picasso demeurera le plus grand peintre européen du XX siècle.

En tant que mode d’expression, la danse peut traduire, exprimer ou symboliser tout fait sacré ou profane de l’homme. Interpréter les secrets de la nature. Matérialiser tout sentiment. Naturellement il s’agit là d’une science, d’un savoir faire dont seuls des « initiés » sont porteurs.

Si l’européen danse sous la pulsion d’un sentiment de joie ou sous l’effet d’une griserie, en revanche le nègre veut non seulement danser la joie, mais également la violence, la tristesse, l’inquiétude une invocation, une interrogation…Et même un échec.

A ce propos, au courant de cette année 2010, 17 bleds de la Négritie francophone vont « fêter » les 50 ans de leur indépendance. C'est-à-dire que les gouvernants de ces Etats vont faire semblant de remplir la vacuité de leur souveraineté cinquantenaire avec des flonflons d’une fête alibi.

Tandis que leurs peuples vont eux, exécuter des danses qui décrivent par le menu 50 ans d’échecs. Car quoi, nous aurons d’un côté, des banquets dans des salles lambrissées, modèles palais de Haroun Al Rachid des mille et une nuits. Tables garnies avec des victuailles princières et des spiritueux importés, mille fois plus chers que l’hydromelle et le tafia maison.

Des messieurs en queue de pie et leur « Madame » en robes de soirées griffées de grands couturiers parigots, s’en mettront plein la panse. La fête sera dédiée à la pérennité du pouvoir de « père » de la Nation.De l’autre côté, le populo dansera, je veux dire crachera son dégoût et sa hargne contre tous ces voleurs de rêves. Ce à travers une chorégraphie puisant dans la profondeur du legs culturel des anciens. C’est un truisme de dire que nos danses traditionnelles sont autant de hiéroglyphes pour les en haut de en haut qui se sont arrogé le droit et le pouvoir de régenter nos destinées, acculturés qu’ils sont.

Cinquante années d’indépendance, autant d’années durant lesquelles les peuples ont tiré le diable par la queue. Et encore, certains n’ont même pas encore la chance d’apercevoir un diablotin. Nous avons plus faim aujourd’hui qu’en 1960.Il ne s’agit évidemment pas de regretter l’octroi ou la conquête de l’indépendance, mais houspiller la façon calamiteuse de sa gestion par nos politiques, qui nous font alterner d’un pouvoir dictatorial civil à un pouvoir « libérateur » kaki, avec comme cerise sur le gâteau, le langage perforant des PMAK. La Négritie régresse, d’année en année. Pendant ce temps la Chine, le Viet Nam, les « cinq dragons » d’Asie, qui ont connu les affres de la même occupation coloniale ont vaincu la famine pour atteindre l’autosuffisance alimentaire et devenir des pays exportateurs de produits vivriers sans lesquels nous crèverions de faim.

Entre le statut de colonisés et de dépersonnalisés d’hier et celui de citoyens d’Etats souverains d’aujourd’hui les nègres n’ont réussi qu’à tomber de Charybde en Scylla.

Ce, grâce aux « performances » de servilité de leurs dirigeants politiques, prêts à jouer les bénis oui oui face aux clubs de Londres et de Paris.

Ces politicards n’ont pas eu l’intelligence patriotique d’éviter le piège des solutions de facilités des organismes de Breton Woods que sont la BM et le FMI. Ils ont ainsi hypothéqué le devenir et émasculer la souveraineté des Etats qu’ils avaient la mission de placer dans le peloton des nations libres.

Le cycle infernal des endettements faramineux, dont les produits n’ont servi qu’à l’implantation des « éléphants blancs » aura contribué à faire de nous des esclaves de la mondialisation. Esclaves tenus en laisse par nos propres bandikons, ignobles prédateurs d’une partie du magot de l’endettement. Magot placé comme de bien entendu dans les coffres à n° des banques européennes et yankee…Les colons avaient imposé à tous nos pays la monoculture d’exportation, avec spécialisation de chacun d’eux pour un produit donné.

Les Rivières du Sud pour la banane, la gomme arabique, les ananas (la bauxite et le fer viendront après) Le Sénégal pour les cacahuettes, la Côte d’Ivoire pour le café/cacao, le Mali et le Burkina Faso pour la fibre de coton, le Gabon pour les bois et autres essences tropicales, etc. Cela a eu pour conséquences le délaissement des cultures vivrières.

L’Indochine et la Cochinchine servant alors de greniers à riz pour nourrir les colonies françaises de la Négritie, jusqu’à la victoire de Ho Chimin à Dien Bien Phu, en 1954. Après les indépendances, la détérioration ders termes de l’échange, amplifiée par les affres du marché captif (soumission aux caprices d’un même et unique acheteur) et les jongleries meurtrières de la bourse de Londres (qui fixait les prix de tous nos produits d’exportation, hors notre présence) sonnèrent le glas de notre descente aux enfers. Incapables de nourrir nos populations, le FMI et la BM nous ouvrirent les vannes de l’endettement. A la porte de l’enfer, nos populations elles, commencèrent à regretter le bon temps colonial.

Les mêmes, pour nous tenir toujours en laisse, nous « imposèrent successivement, le PAS (programme d’ajustement structurel). Avec à la clef, la mise à la porte du trop plein de nos fonctionnaires, la suppression des subventions de l’Etat pour les services sociaux de base. Rien n’y fit. Il n’importe, il y aura la facilite d’ajustement structurel renforcée et autres « document de stratégie de réduction de la pauvreté et pour la croissance. Du bidon.

50 ans après nos indépendances nous sommes aujourd’hui plus enferrés dans la dépendance de « l’aide » extérieure. Kemal Mustapha Attaturk disait : « tant qu’un Etat est obligé de tendre la main pour nourrir sa population, il ne pourra prétendre à aucune indépendance » Peuples de la Négritie, quand la lune se lèvera dans le firmament, nous danserons en pleurs notre révolte, d’avoir été floués ! ». A fa koudou !

Ahmed Tidjani Cissé